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Finances personnelles

8 min de lecture

Faut-il investir un capital en une seule fois ou progressivement ?

Quand on souhaite investir un capital, on me demande souvent : vaut-il mieux placer tout son argent d’un seul coup ou étaler ses investissements dans le temps ? Cette question est importante car elle influence directement le potentiel de gains, mais aussi le niveau de stress et le risque supporté. L’investissement en une seule fois (lump sum en anglais) c’est injecter la totalité de votre capital disponible sur le marché au moment où vous décidez d’investir. En revanche, l’investissement progressif (ou dollar-cost averaging) découpe ce capital en petites sommes réparties sur plusieurs mois ou années. Nous allons explorer en détail ces deux méthodes, leurs avantages, risques, et conséquences sur vos rendements. Vous découvrirez aussi comment choisir celle qui correspond le mieux à votre profil, votre capital et vos objectifs.

Qu’est-ce que l’investissement en une seule fois ?

Investir tout un capital en une seule fois consiste à placer la totalité de votre somme disponible d’un coup, immédiatement. Cette méthode, simple et directe, présente un avantage important : elle maximise votre exposition au marché dès le départ. En effet, historiquement, les marchés financiers ont tendance à progresser sur le long terme, ce qui signifie que plus vous entrez tôt, plus vous bénéficiez du rendement cumulé.

Pour illustrer, prenons l’exemple du S&P 500, indice phare regroupant 500 des plus grandes entreprises américaines. Sur les 30 dernières années, sa performance annuelle moyenne a tourné autour de 8 à 10 %. Si vous aviez investi 10 000 € en 1995 en une seule fois, votre portefeuille aurait largement profité de cette croissance, passant à plus de 100 000 € aujourd’hui. L’effet des intérêts composés — c’est-à-dire les gains générant eux-mêmes des gains — joue un rôle fondamental dans cette réussite.

Découvrez ici 5 faits essentiels à connaître sur le S&P 500.

Au-delà de l’aspect financier, l’impact psychologique est souvent sous-estimé. Voir la valeur de son investissement s’effondrer brutalement peut engendrer stress et décisions impulsives, comme vendre à perte. Cette peur peut parfois faire hésiter à investir la totalité d’un coup, même si l’histoire montre que les marchés finissent par se redresser.

En investissant tout d’un coup, vous n’avez pas à vous soucier de suivre un plan d’investissement étalé dans le temps. Cela évite les frais supplémentaires liés à des ordres fréquents, surtout chez certains courtiers facturant à la transaction.

Une autre caractéristique importante est la gestion des dividendes. En investissant en une fois dans des actions ou des ETF à dividendes, vous commencez à recevoir ces versements immédiatement, ce qui augmente votre capital si vous choisissez de les réinvestir. Cela renforce encore l’effet de levier du lump sum.

Vous hésitez entre investir dans des actions ou des ETF ? Consultez notre guide complet « Actions vs ETF ».

Qu’est-ce que l’investissement progressif ?

À l’opposé de la stratégie lump sum, l’investissement progressif consiste à fractionner votre capital en plusieurs montants égaux que vous investissez à intervalles réguliers. Cette approche, appelée dollar-cost averaging (DCA), consiste par exemple à investir 1 000 € par mois pendant un an au lieu de placer 12 000 € d’un coup.

Pour tout comprendre sur le DCA, cliquez sur le lien de notre article : Qu’est ce que le DCA ?

Le principe est de lisser le prix d’achat moyen et de réduire le risque lié au mauvais timing. Lorsque le marché baisse, vous achetez plus de parts pour la même somme ; lorsque le marché monte, vous en achetez moins. Au final, votre coût moyen d’achat est plus stable et vous évitez de placer tout votre capital au plus haut du marché. En échelonnant vos achats, vous vous protégez psychologiquement contre les fluctuations brutales, ce qui facilite la tenue de votre plan d’investissement.

Cette stratégie comporte aussi des limites importantes : sur un marché haussier prolongé, le DCA peut générer un rendement inférieur à l’investissement immédiat, puisque tout ou partie de votre capital reste temporairement hors du marché et ne profite pas de la croissance.

Deuxièmement, multiplier les ordres entraîne des frais de transaction plus élevés, ce qui peut entamer la performance, surtout si vous investissez des petits montants chez un courtier avec des frais fixes par ordre. Il est donc essentiel que vous soyez rigoureux pour que le DCA fonctionne. Il faut investir régulièrement, même en cas de baisse ou de volatilité importante, ce qui n’est pas toujours simple à tenir sur le long terme.

Un point souvent oublié est que le DCA ne supprime pas le risque de perte : si le marché est durablement baissier, vous perdrez de l’argent, même si vos pertes sont étalées dans le temps. Les données historiques confirment ces observations.

Par exemple, une étude réalisée par Vanguard sur plus de 20 000 simulations montre que l’investissement en une fois l’emporte sur le DCA dans environ 66 % des cas sur 10 ans, tandis que le DCA protège dans environ 34 % des cas, en particulier en période de crise.

Ainsi, le DCA est une bonne stratégie pour limiter le stress et les risques à court terme, mais elle doit être adoptée en connaissance de cause, avec une vision claire sur l’impact sur le rendement à long terme.

Le tableau ci-dessous illustre l’évolution de ce même capital investi progressivement à raison de 1 000 € par mois sur la même période.

Année Valeur cumulée du Capital Investi (en €) Valeur du portefeuille (en €)
2010 1 000 1 000
2011 12 000 12 300
2016 72 000 79 000
2023 144 000 180 000

Ici, la croissance est régulière, moins volatile, mais peut être légèrement inférieure en cas de marché haussier continu.

Quels sont les risques associés à l’investissement en une seule fois ?

Le principal risque lié à l’investissement lump sum est le timing. Investir tout son capital juste avant une chute importante expose à une perte significative en capital. Cette volatilité peut être difficile à supporter psychologiquement.

Par exemple, un investisseur qui aurait placé son capital en octobre 2007 (avant la crise financière) aurait vu la valeur de son investissement diminuer parfois jusqu’à 50 % sur les mois suivants. Même si le marché s’est ensuite redressé, l’attente peut être longue et douloureuse.

Le stress, l’anxiété, la tentation de vendre en panique sont alors des risques concrets qui peuvent nuire à la performance à long terme. La peur de la volatilité pousse certains à différer indéfiniment leur investissement, au risque de manquer des phases haussières.

Existe-t-il un bon moment pour investir ?

Beaucoup d’investisseurs cherchent à identifier le « bon moment » pour entrer sur les marchés. En théorie, attendre une baisse significative ou un point bas de marché avant d’investir semble logique. En pratique, cela revient à tenter de prédire l’imprévisible.

Les marchés financiers intègrent en temps réel une multitude de facteurs économiques, géopolitiques et comportementaux. Une crise sanitaire, un choc énergétique ou une décision de banque centrale peuvent faire varier les cours de manière brutale, sans aucun signal préalable fiable. Même les professionnels les plus expérimentés échouent régulièrement à anticiper ces mouvements. Il n’existe donc aucune méthode fiable permettant de prédire à court terme les points d’entrée idéaux.

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Le rôle des intérêts composés

Les fameux intérêts composés permettent à vos investissements de fructifier. Les gains générés créent eux-mêmes de nouveaux gains, sur le temps long on parle d’effet boule de neige car leur impact est exponentiel.

Moins de stress et donc moins d’erreurs

En essayant de deviner le meilleur moment pour investir, on risque d’agir sous le coup de l’émotion, de faire des erreurs coûteuses et de subir beaucoup de stress. Investir régulièrement et garder ses positions même en cas de fluctuations importantes réduit ce risque.

Il est recommandé d'établir un plan d’investissement automatique. Par exemple, chaque mois, investir une somme fixe, peu importe l'état du marché. Cette méthode, appelée "moyenne d'achat"(ou "DCA" pour dollar-cost averaging en anglais), permet d'acheter plus d’actions lorsque les prix sont bas et moins lorsqu’ils sont élevés.
Comparaison des stratégies d'investissement : investissement en une seule fois vs investissement progressif

Statistiquement, quel choix d’investissement maximise le plus les gain

Les études statistiques montrent que, historiquement, investir en une fois est en moyenne plus rentable. En effet, les marchés financiers ont une tendance haussière à long terme, donc l’exposition immédiate maximise les gains.

Mais, cette règle s’applique sur des horizons longs et avec une tolérance au risque suffisante.

Par exemple, une étude menée par Vanguard sur 20 000 simulations a montré que le lump sum bat le DCA dans environ 66 % des cas sur une période de 10 ans.

Mais dans 34 % des cas, le DCA limite les pertes liées à un mauvais timing, particulièrement en période de crise.

Comment la performance historique des marchés influence-t-elle le choix entre lump sum et DCA ?

Les études historiques, notamment l’étude SPIVA, montrent que dans la majorité des cas, investir en une seule fois sur le long terme est plus rentable que l’investissement progressif. En effet, les marchés tendent à monter sur le long terme, et retarder ses investissements pour « lisser » son prix d’achat réduit la part d’exposition aux gains.

Voici un tableau comparatif des performances moyennes historiques sur 30 ans (1985-2015) pour une somme de 10 000 € investie sur le S&P 500 :

Méthode Rendement moyen annuel Gain total sur 30 ans
Investissement lump sum 8,2 % 110 000 €
Investissement progressif (sur 12 mois) 7,4 % 90 000 €

La différence semble faible sur une année, mais elle devient importante à long terme. Toutefois, ces chiffres doivent être nuancés : lors de marchés baissiers ou volatils, l’investissement progressif peut mieux protéger le capital.

Comment choisir entre investir en une fois ou progressivement selon son profil et son contexte ?

Le choix entre lump sum et DCA ne doit pas être dicté uniquement par des considérations financières, mais aussi par votre profil personnel, votre horizon d’investissement, votre tolérance au risque, et le contexte économique.

Si vous êtes un investisseur avec une forte appétence au risque, un horizon long (plus de 10 ans) et une capacité à encaisser les fluctuations sans paniquer, investir en une fois est souvent la stratégie la plus rationnelle. Vous maximisez votre temps en marché, principal facteur de croissance.

Mais, si vous êtes plutôt prudent, avez un horizon moyen ou court terme, ou êtes sujet au stress lié aux marchés volatils, le DCA peut être un meilleur compromis. Il vous permet d’adapter votre investissement au rythme du marché, tout en limitant les risques psychologiques.

Le contexte économique et la valorisation des marchés jouent aussi un rôle. Si vous estimez que les marchés sont particulièrement surévalués (comme en début 2022), échelonner vos investissements réduit le risque d’acheter au plus haut. Si au contraire vous détectez un marché baissier ou stable, investir en une fois est conseillé.

L’un des conseils pratiques consiste à adopter une approche hybride : investir une partie du capital immédiatement, puis échelonner le reste sur plusieurs mois. Cela combine l’efficacité du lump sum et la protection du DCA.

Enfin, les frais doivent être pris en compte. Selon votre courtier et la taille de vos ordres, investir progressivement peut coûter plus cher. Privilégiez un courtier avec des frais faibles ou nuls sur les ordres, et la possibilité d’achats fractionnés.

Quels sont les frais et coûts à prendre en compte dans chaque méthode ?

L’un des premiers frais à considérer, ce sont les frais de transaction. À chaque opération d’achat ou de vente de titres — que ce soit des actions ou des ETF — votre courtier applique une commission. Si vous optez pour un investissement en une seule fois, vous réalisez une transaction unique (ou très peu de transactions), ce qui limite considérablement les frais de courtage. En revanche, un investissement progressif implique de multiplier les opérations dans le temps, souvent chaque mois. Cela signifie que vous serez exposé à des frais de courtage récurrents, même s’ils sont faibles. Sur certaines plateformes low cost, ces frais sont négligeables (0 à 1 € par ordre), mais chez d’autres acteurs plus traditionnels ou sur des plans d’investissement automatisés, ils peuvent atteindre 1 % ou plus par transaction, ce qui grignote petit à petit votre performance nette.

Ensuite, il faut tenir compte des frais de change, si vous investissez dans des ETF ou actions libellés en devises étrangères (par exemple en dollars américains). Cela s’applique aussi bien pour les investissements en une fois que progressifs, mais dans le cas d’un plan étalé dans le temps, vous multipliez également les conversions de devises, donc les commissions de change se cumulent. Même si ces frais semblent faibles (souvent entre 0,1 % et 0,5 %), ils peuvent devenir significatifs si vous investissez régulièrement dans des produits internationaux sans tenir compte de ces coûts.

Que vous investissiez via un compte-titres, un PEA ou une assurance-vie, chaque enveloppe fiscale peut facturer des frais différents selon le courtier ou l’assureur. Le mode d’investissement n’a pas d’influence directe sur ces frais, mais si vous choisissez une assurance-vie, certaines unités de compte (dont les ETF) peuvent présenter des frais d’arbitrage ou des frais annuels de gestion plus ou moins élevés selon l’assureur. Là encore, un investissement programmé étalé sur plusieurs mois peut impliquer plusieurs arbitrages, et donc plus de frais dans certaines configurations.

Un aspect souvent négligé concerne la structure même des produits dans lesquels vous investissez, notamment les ETF. Tous les ETF ne présentent pas les mêmes frais de gestion annuels (appelés TER - Total Expense Ratio). Ces frais sont prélevés automatiquement par l’émetteur de l’ETF et viennent réduire légèrement sa performance brute. En général, ces frais sont très faibles (souvent entre 0,05 % et 0,30 % pour les ETF indiciels), mais sur une période de 10 à 20 ans, la différence peut devenir substantielle. Ces frais ne varient pas selon que vous investissez d’un coup ou petit à petit, mais il est essentiel de les inclure dans votre raisonnement comparatif, surtout si vous combinez plusieurs ETF dans un plan progressif.

Peut-on combiner lump sum et DCA pour profiter des avantages des deux méthodes ?

Il est tout à fait possible d’adopter une stratégie hybride. Par exemple, investir 50 % de son capital immédiatement et étaler les 50 % restants sur 6 à 12 mois.

Cette approche permet de profiter d’une exposition immédiate tout en limitant le risque de timing.

Méthode Valeur finale estimée (€)
Lump sum 35 500
DCA 12 mois 33 200
Stratégie mixte 50/50 34 700

FAQs

L’investissement en une fois est-il risqué ?

Oui, l’investissement en une fois peut être risqué à court terme, surtout si vous tombez au mauvais moment, mais il est statistiquement plus rentable à long terme.

Mais, historiquement, les marchés (comme le S&P 500 ou le MSCI World) montent sur le long terme, malgré les crises ponctuelles.

Donc, plus vous investissez tôt, plus votre argent a de temps pour croître.

  • Sur 10 à 20 ans, les chances de pertes sont très faibles.
  • Sur 1 à 2 ans, le risque de perte est réel, surtout en période de marché tendu.

Quelle méthode est la plus rentable à long terme ?

Investir en une seule fois est statistiquement plus rentable à long terme. Les marchés financiers ont une tendance haussière à long terme. Si vous investissez tout votre capital dès le départ, vous laissez plus de temps à votre argent pour croître. En moyenne, les rendements à long terme sont plus élevés lorsqu’on est entièrement exposé au marché, plutôt que d’attendre pour investir petit à petit.

Est-ce que DCA protège contre les krachs boursiers ?

Le DCA (dollar cost averaging) ne protège pas complètement contre les krachs boursiers, mais il réduit les risques associés à une mauvaise synchronisation du marché. Il ne vous empêche pas de subir une perte si le marché s’effondre à la fin de votre période d’investissement. Mais, il vous évite d’investir la totalité de votre capital au pire moment possible (ex. juste avant une crise).

Conseils de Nicolas

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Publié le

28.08.2025

Nicolas DOMNESQUES

"Le succès en investissement ne vient pas de prédire le futur, mais de voir le présent clairement."

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